02/04/2010pour ce dimanche de Pâques on me propose
Une tortue!
Son balcon est trop petit, la tortue a grandi.
J'ai de l'amitié pour les tortues, oui! ne vous moquez pas....
Mais les tortues filent tout le temps ; -)
Seul le cloître d'une abbaye cistercienne semble être un frein sérieux à cette fringale de liberté.
Et si les fouines ou le renard l'emportaient alors que j'en deviendrais le garant?
J'hésite...et puis je devrais mettre en ordre mon testament: si l'animal se plaît, il est fort vivace.
28/03/2010le vent nous portera
être au bord - être au coeur : c'est pas pareil
Donner - c'est pas comme donner un peu
Quand je t'ai vu pleurer en écoutant la reprise de Noir Désir par S. Hunger, j'ai été ému. Comme être rempli par un souvenir auquel je n'ai plus accès . J'ai eu peur.
Est-ce que je te connais? Est-ce que je passe à côté de toi?
Etre au bord - être au coeur: c'est pas pareil
Vous trouverez fascote plusieurs versions amateurs de la chanson reprise par Sophie Hunger. j'aime sa voix, j'aime la fraîcheur de sa voix, son énergie têtue, son sens du rythme et sa maladresse lorsqu'on lui pose des questions 12/03/2010tes pas
Avant qu’elle ne fonde, la neige du chemin
Avant qu’elle ne fonde, j’ai pris ce chemin qui mène au bosquet des sorcières
Et j’ai croisé tes pas, ce matin
J’ai reconnu tes souliers pointus
J’ai eu une bouffée de chaleur lorsque je suis arrivé à cet endroit où tu as rebroussé chemin
Toi, hier, dans la nuit
Savoir que nos pas se croisent toujours
Je frissonne
Revenir sur tes pas
Je n’oublie pas cet après-midi d’hiver dans la chaleur du café vaudois, ton arrivée avec ton chapeau et ton manteau noir. Comme nous avons bien fait.
La chaleur du café vaudois et l’humeur coriace des serveuses
Comme nous avons bien fait. Nous, sauvages, comme nous avons bien fait.
02/09/2009le beau - végétal
Parfois le végétal chavire comme le regard d'un homme, l'émotion te prend 06/07/2009Madame
Vous prenez cette allée
Vous cheminez
Vous avancerez bien encore un peu, madame
Tant donné, vous avez tant donné
Ce visage qui rayonne de bonté
Nous prendrons cette allée
Vous cheminerez
J'avancerai donc encore un peu, madame
Donner de soi: je devrais arriver à m'en souvenir, je devrais...
24/05/2009Moteur!
Garder les yeux ouverts.
Déployer mes oreilles.
Plonger mes mains dans le cambouis
Saisir la couleur de ses yeux et se rappeler comme cette couleur me fiche les frissons.
Garder le frisson, le rendre constant.
Déployer un léger effort d'imagination.
Plonger devant et l'embrasser sans le souci de l'embarras
Saisir ce qui est saisissable, le saisir bien.
Garder l'instant, pourquoi s'attarder à d'autres choses.
Sentir l'autre se déployer comme je me déplie.
Peloter, grignoter, picorer...moissonner cette étendue
Césure qui transforme les liquides en solides.
Je marche souvent avec en tête des plans magnifiques le soleil traverse l'ombre des plans posés sur le champ je ne me souviens pas…toujours de l'étendue...le contenu du plan je marche avec rigueur je marche à profusion les yeux ouverts l'éclat... ses yeux en guise de lampe frontale
14/05/2009la queue du lézard
Attraper le lézard par la queue, c'est comme le Chinois qui tient sa queue tressée sur le quai de gare au fin fond du Far West: cela ne rime à rien.
C'est triste, inutile, juste de la nostalgie qui remonte par vague au fond de toi. Une grosse marée charriant les méduses.
Je laisse le lézard filer, se planquer sous les pierres, je prends le soleil, je prends le soleil doucement.
Se charger de cette belle énergie, ne plus craindre le vent froid. Les yeux fermés.
30/04/2009le chamois qui ne peut s'empêcher de grimper
c'est comme ça! 26/04/2009une journée à ne rien faire
Denis nous accueille dans son jardin en bottes et culotte courte, il nous embrasse et nous prend par le bras pour un premier état des lieux: son jardin!
Le jardin est construit, pensé, porté par Denis. Ce jardin est imbibé par l'homme et tant de place pour les oiseaux, les lézards, la belette, le grand corbeau, la couleuvre.
Il a passé des perles sur de longs fils nylon pour les installer dans son jardin de bulbes précieux: plus de brillance encore. Plus.
Et l'on se pose, et les langues se délient, parce la soupe d'orties est bonne et la salade de mesclun sublime. Les mots prennent des consistances comme rarement. Pas de crainte, pas la peur de l'impair.
Des tartines pour les 4 heures avec ses petites cuillères précieuses en argent. De petits chamois qui partent escalader la cruche d'eau.
Je retrouve le chemin des mots, le chemin de l'amitié. Le corps prend le chaud qui lui est du. Les siestes ne sont pas interdites: il restera toujours une tartine et un bol de thé chaud pour ceux qui arriveront plus tard
25/04/2009avant
Avant que les feuilles ne soient là, juste avant, avant la dégoulinade de chlorophylle, avant que la fontaine de chocolat ne fonctionne, ce moment avant où tu sais, tu colles mentalement les feuilles aux arbres, tu te souviens de leurs formes, du velouté comme des effluves tanniques des peupliers. Avant, juste avant que je perde pied, avant : je ne me souviens plus de cet avant-là. Je me rappelle les feuilles aux arbres et l'ombre qu'elles font lorsque nous nous couchons au pied de l'arbre, que la lumière se glisse entre branches et brindilles pour jouer avec nos yeux, tatouages fugaces sur la peau, mouvements imprévisibles. Dans le couple, garder cette place pour le mouvement imprévisible. Comme se dire: puisque la poussière couvre nos épaules, nous nous mettrons à la pluie et puis nous verrons bien. 09/04/2009elles nous quittent
Lorsque tu les alignes sur la table, tu les trouves belles. Tu glisses une étiquette ici ou ici, la lumière les met en valeur et tu les arroses vite avant que les clients ne viennent.
Elles nous quittent et c'est tant mieux. Elles nous quittent: tu cherches dans les yeux de celui ou celle qui les prennent si ils leurs trouveront un coin de jardin qui leurs plaira. Elles nous quittent et c'est tant mieux...
Comme il est des départs plaisants, des départs qui n'arrachent pas de larmes, les départs qui te libèrent.
Tu les as vu grandir, tu les as semées peut être, divisées, je ne sais plus, poussées dans un pot en tous les cas...attendu qu'elles fassent ce qu'il faut de racines, attendu qu'elles ne fassent pas la gueule lorsque tu les alignes sur la table et les voilà qui partent.
Elles nous quittent pour un autre jardin.
02/04/2009lorsque le solLorsque le sol est suffisamment gorgé d'eau pour noyer les enfers.
Lorsque le sol...
J'enfile mes bottes et je saute sur le sol, j'entends l'eau qui coule
Hadès file, je le vois filer, il sort du terrier des renards...
Et les locataires des enfers soufflent, ils soupirent d'aise. Ils reniflent.
Une vapeur d'eau nous entoure, nous, les hommes, une jolie vapeur d'eau.
Je présume, un arc-en-ciel pourrait bien figurer au programme, de la couleur pour nous, les hommes, de la couleur qui nous vient des enfers.
24/03/2009les migrants
Le petit peuple des jardiniers est un peuple migrant: il quitte volontiers nos contrées entre mars et fin juin pour un long voyage d'agrément: cuillette de fruits tropicaux, hybridation diverses ou encore sieste sans modération sur une plage de sable blond.
Vous allez manquer au jardinier que je suis...
21/03/2009Les terres courtoises - carte II
Parcourir les terres courtoises, pays aux vallons briochés, que les ruisseaux entaillent ardemment. Ceci avec joie. Je parcoure ces terres, je note, je sens, je pose ma truffe contre le sol, colle mon oreille au tronc sec vibrant sous l'assaut du pic.
Le premier miroir rencontré en terres courtoises était un petit miroir vénitien : il fallait bien se pencher dedans pour y voir quelque chose, se pencher très fort. Avec vigueur.
Ici, un grand miroir accroché dans une salle de bal : ils aiment se voir lorsqu'ils tournoient sur le parquet de chêne, lorsqu'ils font tournoyer l’autre, le voir se déployer dans l'espace, se voir à deux un instant. Bref !
Les miroirs servent à percer les boutons.
Parfois on offre ses yeux à l'autre pour qu'il puisse se retrouver au fond de nos yeux, parfois.
Ne pas faire miroiter semble être chose acquise à tous les gens courtois.
J’ai trouvé le chemin qui nous conduit en terres courtoises : suivez mon doigt, là !
20/03/2009des ventsil y a des vents qui nous traversent,
Et ces vents s'appellent la bise
la ficaire n'est pas allemande
La première à se déployer, les mille autres suivront. Elles produisent des petits renflements souterrains qui leurs assurent un avenir radieux.
La ficaire est aussi belle qu'une motte de beurre breton.
Non, la fic(k)aire n'est pas allemande: elle couvre l'Europe entière, où presque, des feuilles brillantes et cette vie souterraine occultée par les hommes.
19/03/2009Jardiniers qui ont du chien - Sir Christopher Lloyd
Un autre jardinier, un tout grand, un génie, un provocateur comme je les aime: Sir Lloyd et son jardin de Great Dixter.
Un homme raffiné, volontiers mutin, une plume incisive, j'aime les jardiniers lorsqu'ils s'écartent du chemin tracé de l'évocation des plantes et de leur présumé beauté. Volontiers provoquant, avec finesse, avec talent, avec opiniâtreté.
J'ai visité son jardin un jour d'été 2001, j'ai été ému aux larmes plus d'une fois, tant les associations de couleur, des végétaux, sont ici riche de sens, pas seulement esthétiques mais en lien avec les émotions.
Il existe une prairie rousse (été) où poussent des ifs taillés en topiaire, et des arbres à perruque qui reprennent à la lettre les couleurs de l'herbe rousse et celle du tronc des ifs. Je me suis perdu dans cette prairie, j'ai humé.
Ici, les jardiniers sont mutins et spécialement décoratifs (ils s’associent avec tout, je vous le jure !), le nez en trompette, des taches de rousseur: tu passes un certain temps à attendre qu'ils sortent de leur cabane, ces jolis jardiniers anglais.
Sir Lloyd a quitté sa maison avec son chien en fin de journée pour chercher des petits fruits ou des carottes, je ne sais plus.
L'orage sur la campagne anglaise, il fallait quitter ce lieu. Merci à feu Christopher Lloyd !
le scoop du jeudi: " votre cerveau vous ment"
Quand l'actualité scientifique vient à votre rencontre...
Selon monsieur Thierry Wannier:
- Quand vous regardez devant vous, vous n'avez pas l'impression d'avoir un trou noir dans votre champ visuel. Pourtant, il y a au fond de chaque oeil, dans la rétine, un endroit appelé "tache aveugle" qui n'envoie aucun signal vers le nerf optique: ces taches aveugles sont dépourvues de photorécepteurs. Eh! bien, votre cerveau complète, de manière correcte ou pas, l'information manquante sans vous avertir. Il le fait sans que vous en soyez conscient. Par exemple, je veux dire que ce que nous assimilons au réel est en réalité une construction du cerveau et que cette perception du monde est multiple.
Nous somme en pleine semaine du cerveau....avez-vous d'autres infos sur le sujet? ....
Monsieur Wannier conclut : - le cerveau nous abasourdit....
18/03/2009les cailloux noirs
J'essaie de m'expliquer la chose.
Raisonnons : les cailloux noirs, ce matin, sont trempes, recouverts d'une pellicule d'eau.
Les autres cailloux sont secs
Observons: un caillou noir a une autre température qu'un caillou gris ou jaune, il accumule mieux la chaleur du soleil et reste chaud plus longtemps.
Analysons : le caillou noir plus chaud que les autres atteindra peut être le point de rosée, ce point qui fait que l'humidité de l'air se déposera sur toute sa surface, alors que ce même point n’est pas atteint à la surface des autres cailloux.
Les cailloux
Le premier caillou noir m'a tapé dans l'œil, le second aussi, je me souviens du 3ème. Le suivant, je me suis jeté à ses genoux. Le regarder. Et voilà qu’il éternue…
Ceux du chemin
17/03/2009l'escalier dans la nuit
Je tremble.
Je tremble un peu.
Je tremble juste ce qu'il faut: pas un os qui ne restera emboîté dans celui dans lequel il était emboîté.
Les marches dans la nuit
Sans rambarde, descendre les marches
à la rencontre des trois sorcières.
Les sorcières rient fraîchement.
L'accordéon s'est tu: elles ramassent les balles de golf dans le champ.
- Suis cette trace - voilà tout ce qu'elles ont pour moi.
L'oracle flatte mais son sens échappe à plus d'un.
Je tremble contre ton sein, doux compagnon de vie. Pas un os...
Je tremble et j'ai le cœur léger
Retrouver ma charrue, poser le harnais sur le cheval, avancer dans le champ et creuser ce sillon. Dans mon sac en bandoulière, une pleine poignée de dents de dragons.
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